Second chance

Mr Perfect est revenu avec son jet laissant la chair de nos chairs aux mains des retraités bronzés. Les montagnes sont insolentes de beauté et s’étalent paresseusement sous le temps qui passe, vite et lentement. Je me dis: “il faut que j’écrive un billet…” Je passe mes journées à chercher un billet à écrire. Est-ce bien le but? Personne n’a dû encore découvrir l’existence de ce pauvre calepin.

Vu hier “The Oxford Murders.” Malgré un titre et une affiche peu engageantes et pour les yeux hypnotisants d’Elijah et sa ressemblance avec un de mes étudiants, j’y entraînais Mr Perfect. Ce n’est pas si souvent qu’on peut se glisser dans les fauteuils velours tous les deux en même temps. J’ai réussi à garder les yeux ouverts pratiquement de bout en bout. Bain de Queen’s English. Toujours ça de pris. Mais le film en lui même ne me laissera pas de souvenir impérissable.

Je déambule dans les rues du net, cherchant quelque chose à me mettre sous la dent pour éviter de me gaver de chamallow. Ce n’est pas que je m’ennuie, j’aurais bien des choses à faire mais…je me demande ce que font les enfants en ce moment même…Est ce qu’ils boudent, rient, pleurent, se disputent, jouent à la DS, se font disputer, renversent leur verre, dorment, crient, se grattent la tête parce qu’ils ont attrapé les poux de leurs cousines la semaine dernière, se font cajoler, pensent à nous, nous réclament, veulent rentrer, n’ont pas envie de rentrer, pensent à leurs devoirs, révisent leurs leçons, jouent, dessinent, découpent, regardent une fourmi, regardent des dessins animés débiles, lisent, rêvent, pensent à moi?

Il faut qu’on en profite, qu’on sorte, qu’on range, qu’on travaille, qu’on avance avant qu’ils reviennent. I miss their smell, skin, breath, grasp…

C’est parti…

Il faut bien commencer. Je ne pensais pas qu’un premier billet génèrerait autant de stress. Je me suis baladée de blog en blog pour voir comment les autres commencaient…mais tous semblent continuer une conversation amorcée ailleurs, naturellement, sans vrai début. Ma frappe est malhabile, je reviens en arrière, corrige, mes doigts se trompent de touches et inversent les lettres.


Pourquoi écrire ici ? Raconter ma vie, céder à une mode? Tout le monde a son blog. J’aimerais qu’on me lise et en même temps je tremble qu’on me reconnaisse. Journal secret, fenêtre sans rideaux sur le monde ?
Je commence aujourd’hui, première journée de tranquillité teintée d’angoisse car la petite tribu est partie à l’heure où blanchit la campagne pour s’envoler vers les rives de la Méditerranée tandis que je reste là, à méditer sur mon clavier.